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Paris-Marrakech, du gris au brun... Jeudi 6 Avril, Renaud arrive à Marrakech, le sourire aux lèvres et le sang excité par les ascensions qu’il prépare déjà mentalement, Olivier fait son sac, le regarde 1000 et une fois admire le matos et se félicite des offrandes faites par nos sponsors... Moi je surfe, je glisse à Courchevel, j’échauffe mes cuisses et mes mollets et me mets la pression pour ne pas avoir à rougir de mes faiblesses musculaires devant Renaud et Olivier. J’ai déjà couru 50 bornes en 4 jours avec Antoine à "la course du coeur" et enchaîné quelques massages d’une 100taine de giboles... J’ai vu des jambes et des courbatures et j’imagine déjà ce qui peu nous attendre... Les quelques descentes de montagnes à "la course du coeur" m’ont décollé l’ongle du gros orteil droit, ça fait mal, je boîte... je prie le Dieu bicycle de ne plus avoir de douleurs une fois sur des pédales. Samedi 8, je rentre sur Paris, légerement stressé par le temps qui presse mes derniers préparatifs, je pars le lendemain matin pour Marrakech ! 20 h je passe chez notre grand ange gardien, Fifi (Philippe D.), j’embarque mon vélo bien emballé dans un carton d’1 m sur 2 et le reste du matériel qu’Olivier et Renaud m’ont laissé. La nuit est courte et savoureuse, dans quelques heures je serai à des milliers de kms de Paris et de sa grisaille. L’avion décolle, 3 h de transition où le temps s’arrête, où l’on quitte un lieu et ses repères pour se retrouver ailleurs, vers un dépaysement total... Atterrisage, le sol est sablonneux, jaune, ocre, et à la sortie de l’avion une vague d’air dense vous enveloppe comme un drap de lin. C’est délicieux, les visages sur le tarmac de l’aéroport changent de ceux laissé dans la pâleur parisienne. A l’oreille les sonorités guturales de la langue arabe éveillent l’esprit. Dans la salle des bagages j’aperçois Olivier et Renaud en t-shirt, plein sourire, après une bonne demi-heure mon gros carton débarque sur les tapis roulants, tout le monde me regarde, les européens surtout avec des yeux interrogateurs, "Il va dans quel hotel avec son vélo lui ???". "Salut les gars", je suis bien heureux de les voir, je sais que leur sens de l’organisation sera une grosse sécurité pour nos vacances sportives. Je leur laisserai tous les pouvoirs de decision, tant pour les directions douteuses dans les montagnes que pour le partage du matos et du porte monnaie. Je n’ai alors plus qu’une angoisse, qui n’est pas celle de l’accueil des Marocains ni des plats plus ou moins digestes pour nos ventres aseptisés mais bel et bien la peur de ne pas pouvoir les suivre dans les montagnes. On verra, "Inch Allah"... Une file de taxis jaune pâle, des veilles mercedes 240, de collection(...), toutes identiques, font la queue et déjà les négociations commençent pour le trajet, lever de sourcil, balayage de la main, tape sur l’épaule, sourires et bonne poigne recouverte sont le rituel du business, une manière de se jauger et de finalement se mettre sur un pied d’égalité.  Taxi carton Je découvre Marrakech, les mouvements de la place "Jemaa El Fna", la rue des princes, et notre hôtel. Un gros sentiment de bien-être m’envahit, c’est les odeurs du marché d’Aligre, l’ambiance de Belleville, les couleurs du sud de la France, et les mouvements de la foule qui slalome sans limite entre les étals et les hypnotiseurs de serpent...
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