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De Midelt à Marrakech, toute l'histoire
Ecrit par Renaud   
25-05-2006
 

Mercredi 19  avril – Jour 10 : Remise en route

La ville, c’est dramatique. Elle vous offre une soirée décontractée, une nuit reposante dans un hôtel confortable, quelques terrasses bien agréables, bref la sensation de vous reposer, quelque chose comme une grosse baisse de tension, la première depuis 10 jours de vélo. Après ça le redémarrage, c’est catastrophiquement laborieux. Un conseil : il faut éviter les villes à tout prix.

Après un réveil tranquille et un petit déjeuner dans le « jardin » de notre charmant hôtel, complètement bétonné, coincé entre quatre murs de six mètres de haut, passage au centre ville pour boire un jus d’orange, récupérer la selle réparée (au poil ça a l’air solide malgré les railleries pessimistes de certains), passer au cyber, boire un kawa, avec des pâtisseries, réessayer le jus d’orange à la terrasse d’à côté, puis finalement partir vers la porte de la ville pour s’enquérir d’un minibus qui nous sorte de ce guêpier urbain et nous remonte un petit peu plus loin dans la montagne.

Le décollage a lieu à midi, le minibus grimpe pendant une heure sur du goudron – quelle horreur le goudron – et nous dépose au terminus près d’Alemsa, dix kilomètres avant le col. C’est là qu’il faut remonter en selle, la journée peut commencer… sur du bitume malheureusement. La route grimpe fort, en lacets. Nous avons tous les trois l’impression que nos roues collent littéralement à la route et que les vélos pèsent trente kilos chacun. Un soleil intense nous fait monter en température, les mousses des casques se gorgent de sueur et ça ruisselle…Une heure plus tard, le col. Et le choix entre la route et deux autres trois pistes qui partent à droite, tout cela nous laisse perplexe, la carte n’est plus à jour. Après un conseil de guerre et quelques biscuits de choc, décision, action, c’est parti pour la descente. Dix minutes après on se rend compte que les pistes se rejoignent, bonne blague.

Nous enchaînons une suite de villages très pittoresques, flanqués à la base de djebels modestes, couverts de végétation, moult arbustes, figuiers, chênes, pins, du blé par ci par là, des petits murets en pierres sèches, le tout sur une terre très rouge encore. En contrebas, la rivière Tessaout coule tranquille dans la direction du barrage Moulay Youssef qu’elle alimente.

ImageImage 

Finalement, le soleil décline vite, et nous nous retrouvons en bas d’un petit col, 500+ à grimper. Olivier fait sa mijaurée pendant deux minutes en hésitant à dormir là, devant le regard étonné des enfants qui traînent dans les rues du hameau, et puis se laisse convaincre par l’appel des lacets. La montée est agréable, des virages bien raides où il faut mettre un peu la gomme pour ne pas rester scotchés, un petit faux col aux deux tiers de la grimpette, avec un petit plat verdoyant, un vrai boulot de paysagiste. Et puis après encore quelques lacets, le col, où la piste étroite passe entre deux blocs rocheux de trois mètres de haut. Là-bas au fond, barrage en vue. Voilà qui nous motive pour enchaîner sans tarder, c’est parti pour la redescente, agréable et rapide, genre piste rouge poussiéreuse.

18h47, nous passons à Sourn, petit village dans un creux. La nuit va tomber dans cinq minutes, après une minuscule hésitation, nous posons pied à terre pour demander le gîte pour la nuit. On ne voit que des enfants, qui bien sûr ne comprennent rien et se marrent, un peu intimidés. Enfin apparaît un adulte, derrière un muret à trente mètres. De loin, il nous jauge, puis nous fait signe de monter vers lui. Après échange de quelques mots en arabe, il nous plante là cinq minutes, le temps de préparer la grande salle des invités. La maison de notre hôte est différente de celles que nous avions vues jusque là, les murs sont très épais, en pierre noire taillée, et peints à l’intérieur. Ce n’est pas luxueux, mais on devine un peu moins de dénuement que dans nos précédentes haltes chez l’habitant. Lavage de mains traditionnel, discussion un peu difficile mais notre hôte au chapeau de paille gère bien le langage des mains. Dîner copieux par morceaux, pain chaud, fromage et huile d’olive citronnée, tajine de chèvre aux olives – la viande est tendre cette fois, c’est délicieux. Nous piquons tous du nez pendant le repas, essayant de se relayer pour maintenir la conversation avec notre hôte, mais c’est plus fort que nous.

Jeudi 20 avril – Jour 10 : petite fin

Réveil matinal, notre hôte nous sort de la torpeur à 6h30 avec un petit déjeuner adéquat, agrémenté d’un genre de pudding au lait local, parfait ! Du coup nous sommes sur les vélos à 8h30, alors qu’il ne nous reste plus que quelques kilomètres pour arriver au barrage. La dernière descente est agréable, du blé haut partout, et sur la piste des femmes qui montent travailler dans les champs.

ImageImage 

Ça sent la fin, le barrage est là. Après une petite pause café au bar, nous entassons les vélos sur le toit d’un taxi collectif, direction Attawiya, où il nous faudra trouver un autre moyen de rallier Marrakech. Pas question de faire les 50 kilomètres de route qui nous séparent de l’arrivée en vélo, les routes marocaines sont trop dangereuses et ce ne serait pas une partie de plaisir… Après un peu de marchandage inefficace avec des poids lourds qui veulent 100 dirhams pour faire le trajet (pour couvrir les besoins de bakchich en cas de contrôle vu que ce serait illégal), nous prenons le bus qui trace direct vers Marrakech, pour huit dirhams par personne, vélo compris. Et le bus, c’est le moyen de transport le plus sûr, à 100 km/h sur la route, tout le monde s’écarte pour le laisser passer. Adieu les montagnes, Marrakech nous revoilà !

 



Dernière mise à jour : ( 18-08-2006 )
 
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Commentaires
très content que vous vous soyez régalés. On attend avec impatience ton récit et vos photos en été ça doit être quelque chose.... Bravo!
Posté par Olivier le 13-08-2006 à 12:29

Salut, c'est moi qui ai demandé des renseignements à Olivier il y a un mois. On vient de rentrer de notre traversée de l'Atlas; c'était géant ! Merci encore de l'aide que vous nous avez apportée, des détails pratiques, etc... Je sui bien content d'avoir acheté un GPS et d'avoir appris à m'en servir, il nous a vraiment aidé plus d'une fois ! On a suivi exactement vos traces jussqu'à imi'n Ouaqua; après on a tiré vers le Sud pour remonter la Tessaout, passer le col tizi n' Oulaoun et descendre vers Skoura puis Quala Mgouna où Patricia a des amis marocains (des guides qu'elle a rencontrés lors de précédents voyages au Maroc). On était que tous les deux et nous avons nous aussi largement profité de l'hospitalté berbère ! Nous avions choisis de partir plus lourds (Patricia n'aime pas les sacs à dos en VTT !) avec des sacoches. Du coup le rythme était plus lent que vous (d'ailleurs, chapeau, même sans sacoches, vous avancez fort !); il faut dire aussi qu'on a un peu souffert de la chaleur (impossible de rouler entre 14 et 16 h) et on a eu quelques orages qui nous ont ralentis. Des orages récents (15 jours avant notre passage) ont détruits des pistes (entre Batli et Anergui et dans les gorges de l'Assif Melloul, et entre la Cathédrale et Talmest, très impressionnant, il y a eu pas mal de poussage !) Bref ce fut physique... Voila nos étapes: Midelt-maison forestière (15 km avant Tounfite)
Maison forestière - Assaka
Assaka - Bou Tfierda (avec visite à pied des gorges d'Assaka, génial).
Bou Tfierda- Taghzout :visite des greniers d'Aoujgal, erreur d'itinéraire avant l'Oued Attach, j'aurais du allumer le GPS !, remonter mémorable de l'Oued Attach; en crue ça devait être quelquechose...
Taghzout -Imilchil :tranquille, baignade au lac, nuit à l'hotel 'Avenir' très sympa.
Imilchil-village paumé vers 2600 entre 2 cols: très dur, piste sableuse, les roues s'enfoncent, vraiment physique, plus d'eau, on cherche refuge sous une tente où les gars m'indiquent une source qui coule, ouf !
Village paumé - Anergui: descente d'enfer (beaucoup de poussage !), remontée au dessus de Batli infernale (chaleur, piste défoncée grave); nuit au gite d'Anergui super réconfortante.
Anergui- Talmest: magnifique, on arrive de nuit à Talmest où on a compris ce que c'est que l'hospitalité...
Talmest- Ifrane (Aît Bougmez): superbe et encore une nuit dans un gite superbe dans un village lui aussi superbe.
Ifrane-Assamar (au dessus d'Abachkou) chez un ami au patron du gite d'Ifrane, avec un papier avec une adresse écrite en arabe, un gars nous y amène, c'est la plus belle maison (3 étages) de ce magnifique village. Accueil grandiose.
Assamar- Tissinest (sur le parcours F7 du Gandini) un coin magnifique aux sentiers spécial vtt (même avec des sacoches !)
Tissinest - Magdaz (vallée de la Tessaout) étape et village extraordinaire, un des plus beaux de l'Atlas parait-il.
Magdaz-Toundoute (par la Ttessaout et le Tizi'n Oulaoun): beaucoup d'eau dans la Tessaout, en Avril ça devait être terrible.... et Toundoute Skoura puis Quala M'gouna en camion et taxi.
On a beaucoup dormi chez l'habitant (des moments extraordinaires) et 4 nuits en gites (un peu plus reposant quand même et y'a des douches...).
Un voyage extraordinaire ! Je vais écrire un texte là-dessus, je vous l'enverrai si ça vous intéresse. Le votre est chouette (je viens de voir qu'il était fini !)
Merci encore pour l'idée, et chapeau pour votre performance, faire ça en 10 jours, c'est fort !
François.
Posté par François Goyon le 06-08-2006 à 9:35

Qu'une chose à  dire "Bravo".

Rodolphe
Posté par Rodolphe le 24-04-2006 à 20:57

Ne nous parle pas de cul Bouiboui! On en peut plus!
Rien que là, le derrière posé sur mon fauteuil empire, je cherche le changement de vitesse pour réduire le braquet.
Mais si tu veux des photos, on a des photos. Mais attention ce n'est pas joli à voir. Je plante le décor: deuxième partie de journée (imagine l'état de fraicheur. tu as vu le marché aux poissons de Marrakech ? Non ! C'est pire), deuxième application de vaseline pour limiter les frottements, Mike, encore lui, est photographié de dos juste avant d'attaquer la traversée de l'oued Attach.

Nota : Perso je ne vois pas trop l'utilité d'une deuxième application pour une traversée A PIEDS d'un oued en crue.

Posté par Olivier le 23-04-2006 à 18:26

Ca manque de gonzesses et de cul vos photos... A quand une semaine de trek à Amsterdam....
Posté par BouiBoui le 23-04-2006 à 12:49

salut les djeunssssss,
super les fotos, j'en ai de jolies aussi de timimoun sud ouest de l'algerie, prises du haut de mon dromadaire. j'ai les infos pour votre prochaine escapade dans le desert algérien.
grosses bises
ch d
Posté par Christiane D. le 22-04-2006 à 13:16

Y a pas à  dire ils sont bô ces hommes, qui, dégoulinant de sueur et de boue chevauchent les montagnes.
Sur leur destrier huilés à la mécanique toujours parfaite ils arpentent fièrement les contrées hostiles, luttant contre dragons et vents....
La princesse que je suis (faut bien rêver!) se languit de leur retour: quels cadeaux vont ils ramener?
Babouches cousues de fil d'or, semoule parfumée à la fleur d'oranger....
A trés bientôt mes héros !




Posté par Elise "princesse des purées compotes" le 22-04-2006 à 11:57

Hello les beaux gosses !
Purée, ca fait plaisir d'avoir de vos nouvelles par ce site.
C'est super, vous avez l'air de vous eclater.
Promettez nous une bonne scéance photo quand vous les aurez trier.
Ici les beaux jours sont revenus, soleil et températures sont de nouveau au programme.
Ce soir, dépendaison de crémaillère chez Antoine.

Sinon, le pere Devouge vous en fait pas trop voir ??
;)
Enormes bisous a tous les trois et a bientot !
Marika

PS : une petite pensée pour moi dans le désert, terre de mes ancetres.
Posté par Marika aka Cat le 21-04-2006 à 17:55

Hello les gros!

Ca fait plaisir de voir que vous etes rentrés en bon etat et ravis de votre periple. :)
Les photos donnent envie de voir la suite.
Oliv' tu nous organises une seance photo chez toi bientot ?

Nico aka Cali (ouaip, yen a trop des Nico...)
Posté par Nicolas le 21-04-2006 à 13:48

Je reve que vous nous concoctiez des votre retour, par esprit de corps sudiste, une selle sans tape-cul digne d'un mexicain sur sa mule ou d'un Maharadjah sur le dais de son elephant...ce qui n'empeche pas le port du cycliste bordé de langes style bébé-gateux !
Revons, revons mais quel kif l'inconscience quand meme,
Bravo, la bravoure !

Sergio, l'autre oncle
Posté par Sergio le 21-04-2006 à 12:54


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